On entend souvent que le taux de récidive en matière sexuelle est, dans la France contemporaine, d’environ 1 à 2 %. Pourtant, une analyse détaillée du mode de calcul de ce taux révèle qu’il est considérablement sous-estimé, parce qu’il ne tient pas compte :
- des récidives dont l’auteur a été condamné pour la première fois avant 1984,
- de la plupart des viols, ceux-ci étant fréquemment requalifiés en agressions sexuelles,
- de l’ensemble des violences sexuelles autres que les viols.
Ces lacunes sont liées au caractère restrictif de la notion de récidive légale en France, qui se justifie par le fait que l’accusé encourt un doublement de la peine encourue. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’établir le risque de récidive des auteurs de violence sexuelle, il paraît peu pertinent d’utiliser ce concept purement juridique.
Une estimation rigoureuse du taux de récidive dans les pays occidentaux contemporains indique qu’au bout de 15 années de sortie de prison, au moins 24 % des auteurs de crimes et délits sexuels sont de nouveau condamnés pour un crime ou un délit sexuel. Ce taux est lui-même inférieur à la réalité puisqu’il ne tient pas compte des viols non signalés à la police ou non élucidés.

