Les graves dysfonctionnements de la justice dans l'affaire dite d'Outreau ont fait prendre conscience au grand public du problème des erreurs commises en matière d'expertise “psy” et des dramatiques conséquences humaines que peuvent éventuellement co-générer de telles erreurs. Ces erreurs sont loin de se limiter à ce séisme judiciaire très médiatisé, elles sont anciennes et récurrentes.
Face au manque croissant d'experts psychiatres et à l'évolution prévisible des effectifs de psychiatres (en baisse importante) et de psychologues (en forte hausse) ces deux appellations d'expertise devraient être abandonnées au profit d'un concept unique d’”expertise mentale” réalisée indifféremment par des psychiatres ou par des psychologues bien formés, professionnellement expérimentés et compétents pour mener à bien ces missions.
Ce décloisonnement avec la mise en place de quelques autres grands principes (création d'un consensus clinique et juridique de l'expertise mentale, obligation de formation harmonisée et actualisée des experts, prise en compte de l'expérience professionnelle de terrain des experts, temps passé et périodes opportunes pour réaliser les expertises, revalorisation des actes d'expertise) permettrait de mettre à la disposition de la justice et des justiciables des effectifs suffisants d'experts professionnellement expérimentés et bien formés à la pratique de l'expertise sur l'ensemble du territoire national (métropole et départements et territoires d'Outre-Mer).

