Stamatios TZITZIS est directeur de recherche au CNRS, directeur adjoint de l’Institut de Criminologie (Université Panthéon-Assas) et professeur associé à l’Université Laurentienne (Canada).
Pour lui, la postmodernité ne saurait concevoir une vraie démocratie et un Etat de droit sans la primauté de la dignité humaine comme inspiratrice de droits et de lois.
La transposition de la dignité dans le domaine du droit pénal et notamment dans l’univers carcéral marque un tournant en matière de philosophie pénale. Les conceptions de la prison, du délinquant et de son traitement ont subi de profondes transformations au cours de l’histoire.
Il n’est donc pas étonnant de voir prévaloir, dans les règles pénitentiaires européennes, la philosophie de la primauté de la dignité personnelle. Cette dignité qui se rencontre sur le croisement de l’humanisme classique et de l’humanitarisme postmoderne vient d’une morale religieuse, pourtant laïcisée, qui conçoit la justice comme immanente à l’ordre des choses de la nature dont fait partie l’homme.
La primauté de la dignité, ayant valeur d’impératif catégorique à reconnaitre et à respecter dans chaque individu comme un principe fondamental et souverain du droit, est valable non seulement au niveau de la politique internationale, mais aussi au niveau du droit interne.
Toutefois, en matière de politique criminelle, avant toute affirmation formelle de la reconnaissance des droits subjectifs fondée sur la dignité personnelle, il faut rappeler la transgression des droits subjectifs et la violation de la dignité de l’Autre. Toute sanction doit porter la mémoire de la faute qui renvoie à la dignité de la victime.

