Tel est le titre d'un article récent paru dans Sud Ouest.

De fait, depuis que la loi pénitentiaire a été votée, les acteurs commencent à réaliser le bouleversement qu'elle constitue pour l'exécution des peines.

Le sous-titre de l'article résume bien le paradoxe de cette justice aux deux visages, dans laquelle l'écart entre les peines prononcées et les peines réellement appliquées est de plus en plus grand :

"Tout condamné va-t-il en prison ? La réalité est nettement plus compliquée..."

Extraits :

Ecoper de la prison ferme pour un délit ne veut pas forcément dire passer par la case détention. « Désormais, l'incarcération va même être une exception », constate Pascal Jacquin, juge d'application des peines à Périgueux.

On le sait peu, mais depuis le 24 novembre dernier, une nouvelle loi pénitentiaire est mise en oeuvre dans les tribunaux. Cette loi qui « élargit les conditions d'octroi d'aménagement de peine » n'a pas bénéficié de la même médiatisation que celle qui l'a précédée et qui a établi des « peines plancher » pour les récidivistes.

Le gouvernement s'est bien gardé de communiquer sur cette partie de la loi, sachant pertinemment qu'elle était impopulaire aux yeux de son électorat. Sur les peines plancher, c'était l'inverse, même si elles ne sont prononcées par les juges que dans 20 % des cas.

Pour le magistrat, cette « loi va encore plus loin » en indiquant dans l'article 65 « qu'une peine de prison ferme ne peut être prononcée qu'en dernier recours si la gravité de l'infraction et la personnalité de son auteur rendent cette peine nécessaire et si toute autre sanction est manifestement inadéquate ». Un texte qui exclut les récidivistes. Pour Pascal Jacquin, ces dispositions vont confronter les juges à des « difficultés majeures, ne leur laissant qu'une petite marge d'appréciation ».

Pourtant, les magistrats n'ont pas réagi lors de l'examen du texte, alors qu'ils s'étaient mobilisés contre les peines plancher.

La remise en cause de leur pouvoir d'appréciation semble moins les choquer lorsqu'il s'agit de libérer que lorsqu'il s'agit d'enfermer

L'objectif de cette loi est bien de lutter contre la surpopulation carcérale car il manque entre « 12 000 et 15 000 places » dans les prisons de France.

Précisément.

« Les messages ne sont pas clairs, estime Pascal Jacquin. Il y a des peines plancher pour les récidivistes et en parallèle cette loi pénitentiaire où l'on doit trouver des alternatives à la prison. » D'autant que ce texte s'applique à toutes les personnes condamnées ou détenues pour une période inférieure ou égale à deux ans et à un an pour les récidivistes.

Il y a bien une contradiction dans la politique menée, mais elle s'explique par ce qui est dit plus haut : le manque de places en prison.

« Finalement, cela concerne presque tous les détenus, à part peut-être pour les affaires de moeurs ou de stupéfiants », précise le magistrat.

Les conditions pour obtenir un aménagement de peine sont aussi élargies. « Il suffit de justifier d'une activité professionnelle temporaire, alors qu'avant elle devait être pérenne », note Pascal Jacquin.

Les alternatives à la prison devenues « quasiment automatiques » sont la semi-liberté, la libération conditionnelle et le bracelet électronique. Le recours à ce dernier a d'ailleurs fortement augmenté dans le département. Pour les peines égales à six mois, il est recommandé de les convertir en jours-amende ou en travail d'intérêt général. « Ici, nous considérons que six mois ferme ne sont pas transformables en 210 heures de travail d'intérêt général », remarque le magistrat qui a encore une marge d'appréciation.

C'est pourtant ce que prévoit la loi : un deuxième juge a le pouvoir de transformer une peine de 6 mois de prison ferme, prononcée par un tribunal correctionnel, en 210 heures de travail d'intérêt général... C'est une conception particulière de l'autorité de la chose jugée...

Et de conclure : "Nous sommes à la croisée des chemins, mais là, ce qui est sûr c'est que la peine prononcée ne correspond pas à celle qui est exécutée."

C'est sûr, effectivement...

2 commentaires

Verdin le 05 Février 2010 à 20:00

Notre société traditionnelle est en inadéquation avec les individus qui se sont installés avec une culture antinomique avec la nôtre. Ce n'est pas en s'accrochant à une Déclaration des Droits de l'Homme obsolète et poussiéreuse qu'on pourra lutter contre l'extrémisme et la future société tribale post moderne. Lire Michel Maffesoli. Attendons l'effondrement de notre monde civilisé.

RIVA le 08 Mars 2012 à 18:33

il manque 15000 places en prison? De qui se moque t-on? Ces condamnés qui s'ont-ils(elles)? Ces gens qui aujourdhui et soutenus par des individus n'ayant aucune connaissance de leur HISTOIRE de FRANCE, sont mille fois plus heureux que dans leurs casbahs ou leurs villages en banco!Retournez donc chez vous ,la vie y est TELLEMENT plus douce!!! Ah!ces colons nous ont tellement martyrisés...Aurions nous une revanche à prendre? Que nenni ,exploitons à fond leurs``REMORDS'' et leur JUSTICE DEMAGO-GAUCHO

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